GeorGe HaNsel

Achielle

Publié dans ArtiCles, PicTuRes par GeorGe HaNsel le décembre 1, 2011

Pour ne pas user mon tacot

Achielle m’emmène sur son dos

Je ne suis pas un poids plume

Mais il est taillé dans une enclume

Tous les matins et par obligation

Il m’accompagne exercer ma fonction

Achielle n’est pas une lumière et ne sort jamais seul

Aurais-je peur qu’il se casse la gueule ?

-

Tels deux catadioptres, nous n’passons inaperçus

Rouge est la couleur de son pardessus

Rien d’excentrique mais nous suscitons la curiosité

D’autant qu’il porte une gaine mais pas de souliers

Moi, je suis cramponné à ses poignées d’amour

Comme un crapaud fixé depuis huit jours

Les gens sont parfois étonnés

De voir un barbu agrippé à un déboulonné

-

Gentil n’a qu’un œil

Achielle ne me fait pas pitié

Malgré qu’il ne fait pas de clins d’oeil

L’habit ne fait pas le métier

-

Pour gagner ma croûte

Achielle est mon compagnon de route

Il prend les manettes et nous longeons le canal

Même au rythme de la saison hivernale

Je contemple quelques palmipèdes et autres canards boiteux

Un drôle de moineau joue les pêcheurs piteux

Achielle se dandine telle une oie

Et nous dansons, ivre de joie

-

Je suis heureux d’être content

La route n’est plus une perte de temps

Je me sens pousser des ailes

Ce qui n’est pas le cas d’Achielle qui grince et grommelle

Malgré sa peau en fer forgé, Achielle est congelé

Et il préférerait être en congé

Plutôt que de passer l’hiver

À contempler les oiseaux de mer

-

Gentil n’a qu’un œil

Achielle ne me fait pas pitié

Malgré qu’il ne fait pas de clins d’oeil

L’habit ne fait pas le métier

-

La journée, il m’attend, dehors, à l’abri

Mais je sais qu’il est victime de railleries

Des enfants rient et se moquent de lui

Pour ces marmots, ce n’est qu’une vieillerie

Alors lorsque la sonnette retentit

Je grimpe sur son châssis

Achielle et moi fuyons, nous traçons

Faut-il signaler qu’il lui manque un boulon ?

-

Tels deux déraillés nous sillonnons ce dédale

Achielle pète un câble et je perds les pédales

Nous prenons de la vitesse alors je dois le freiner

Je n’ai pas l’intention d’atterrir dans le fossé

C’est qu’il en a dans l’boyau

Mon p’tit Achielle, mon p’tit rustaud

De retour à la maison, sa chaussette est percée

Va cor’ falloir lui raccommoder

-

Gentil n’a qu’un œil

Achielle ne me fait pas pitié

Malgré qu’il ne fait pas de clins d’oeil

L’habit ne fait pas le métier

G.H.

Achielle sOus l'abRi

sOus l'abRi

KiMberLeY ParK

Publié dans ArtiCles par GeorGe HaNsel le novembre 2, 2011

C’est à ce carré non-recyclé

Que son labeur fut révélé

Elle vient en aide aux enrhumés

Protége le cul des nouveaux-nez

Que l’on soit boucher ou bien pédiatre

Dans un hôtel, dans un théâtre

Que la tâche soit brune ou bien verdâtre

Kimberley Park se plie en quatre

-

Dans une assise confortable

qui plus est indécrottable

Pour parfaire ma toilette matinale

Kimberley Park offre du journal

-

Elle a la taille d’un mouchoir de poche

Dans le fin fond d’une sacoche

Le quidam l’emploie et sans merci

Se débarrasse de Kimberly

Afin de démouler le colis

Les gens lisent, les gens prient

Peu importe la taille du paquet

Kimberley est enchantée

-

Éponger les larmes de grands gaillards

Sécher le front des petits trouillards

Pour les traces à l’arrière du slibar

Kimberley Park donne ses mouchoirs

-

Elle n’a pas d’intérêt pour les chiens

Et encore moins les ours bruns

Mais que ferait-elle pour une minette ?

Elle lui propose une serviette

Kimberley consomme et puis consume

Que la forêt s’enfume

Tout ce qui est important pour elle

À savoir l’hygiène corporelle

-

Pour les ablutions d’une vieillarde

Frotter le sang de furibardes

Rincer la cuvette, les urinoirs

Kimberley Park donne ses mouchoirs

-

Pour s’alléger et se soulager

Kimmy est prête à tout donner

Dans son sac, elle a plus d’un mouchoir

Pour v’nir à bout de n’importe quel foutoir

G.H.

MoN OnCle YveS

Publié dans ArtiCles par GeorGe HaNsel le juillet 19, 2011

Une cigarette, un t-shirt usé

Des pantoufles et un velours côtelé

L’oncle Yves sort de chez lui

Accompagné de son chien noir, « Blackie » !

-

En hiver comme au printemps

L’oncle Yves marche tout l’temps

Parkinson ne l’habite pas

C’est juste qu’il a froid

-

Le long des trottoirs en merdé

L’oncle Yves promène son roquet

Il mène une marche lente assurément

Il s’arrête, il scrute et redémarre lentement

-

L’oncle Yves marche sans se soucier

Sans se soucier du monde, ni du trajet

À n’importe quelle heure du jour

C’est toujours le même tour

-

Il croise toujours les mêmes gens

Mais personne ne sait ce qu’il pense vraiment

-

Depuis son invalidité,  mononcle Yves marche et fume

Aussi, parfois, il marche et fume

Des dizaines de kilomètres par jour

Des dizaines de paquets par jour

-

Il a une dégaine d’un homme saoul

Mais il n’est pas ivre, ni fou

Il ne parle pas… sauf à lui

Ou à Blackie…

- Blackie ! Arrête de gueuler !

-

Rien ne l’arrête, ni la faim

Ni la mort de son chien

Après seize ans de fidélité…

Blackie s’est foulé

L’oncle Yves, pour continuer, a dû l’achever

-

Mais il s’est procuré un nouveau compagnon

Un chien blanc pour changer

Cette fois-ci, il l’a appelé « Blackie »

Pour changer

-

- Allez Blackie ! Avance !

G.H.

DeUx CheFs

Publié dans ArtiCles par GeorGe HaNsel le juin 20, 2011

L’un porte le cuir d’un brigadier

La barbe grise sur les joues

Le couvre-chef d’un officier

Lui donne une allure malgré tout

Il ne lui manque que la baguette

Pour y mener son assemblée

Mais dans le rôle de chef d’orchestre

Juste les bretelles pour s’équiper

 

L’autre se la joue rasé de près

A une époque, il admirait

Un célèbre jeu télévisé

Où des nabots comptaient des clés

Il voulait être gouverneur

Il dirigera une chorale

Il vient faire entonner nos coeurs

Au lieu d’ceux d’la famille royale

 

Par une après-midi d’hiver

Sur une terrasse ensoleillée

Deux chefs se commandent une bière

Ils ne pouvaient s’en empêcher

Sans aucun doute mal digérée

Mais qu’en est-il de leur projet ?

Sont-ils à même de diriger ?

Encore faut-il le rédiger

 

L’un propose une marche délurée

Sur les « Beatles » ou « Bob Marley »

Il aimerait nous déguiser

En sergent-chef, en haut-gradé

Des majorettes au premier rang

La flûte à bec entre les dents

Lui, le képi et les galons

Pour enfin jouer les patrons

 

L’autre préfère un texte engagé

Avec des propos épicés

Sur une Belgique organisée

Comme il aimerait la gouverner

Dans le décor un porte-drapeau

Les dirigeants sur un poteau

Une moustache de dictateur

Mais ce n’est pas tout à fait l’heure

 

Par une après-midi d’hiver

Sur une terrasse ensoleillée

Deux chefs se commandent une bière

Ils ne pouvaient s’en empêcher

Sans aucun doute mal digérée

Mais qu’en est-il de leur projet ?

Sont-ils à même de diriger ?

Encore faut-il le rédiger

 

La discussion va mal, Tournai

Leurs avis semblent se détourner

Ils n’en sont plus à leur première

Et le sourire jusque parterre

Par cette après-midi d’hiver

Les deux comparses en bérets verts

Trouveront bien une manœuvre

Pour faire accoucher d’un chef-d’œuvre

 

Par une après-midi d’hiver

Sur une terrasse ensoleillée

Deux chefs se commandent une bière

Ils ne pouvaient s’en empêcher

Sans aucun doute mal digérée

Mais qu’en est-il de leur projet ?

Sont-ils à même de diriger ?

Encore faut-il le rédiger

 

Aussi fiers que deux coqs en pâte

Ils ne se sont foulés la rate

Un texte à réciter de cœur

Pour la musique, une à deux heures

Les musiciens jouent les guignols

Et le chœur fait le mariolle

Avec une pointe de bonne humeur

Les deux chefs en sortiront vainqueurs

 

Par une après-midi d’hiver

Sur une terrasse ensoleillée

Deux chefs se commandent une bière

Ils ne pouvaient s’en empêcher

Sans aucun doute mal digérée

Mais qu’en est-il de leur projet ?

Sont-ils à même de diriger ?

Encore faut-il le rédiger

 

G.H.

Le Coq eT le liOn

Publié dans ArtiCles par GeorGe HaNsel le avril 9, 2011

Dans un cirque de passage

Entassés dans une cage

Vivaient un coq et un lion

Quelle curieuse cohésion !

A huis-clos dans une enceinte

Et sans aucune contrainte

Les acolytes apprivoisés

Paisiblement s’entretenaient

Le lion avait du cœur

Et partageait son quatre heures

Il n’avait rien d’une cruauté

Pas besoin de grelotter

L’autre un flâneur empâté

Aux aurores, il ne chantait

Le poids plume restait muché

Dans le creux du félidé

Intimement fous, alliés

Dans des rôles d’équilibristes

Deux pattes sur le pédalier

D‘un vulgaire monocycle

Le félidé trimbalait

Le sac à plumes sur le front

Le funambule, lui, jonglait

Avec les bonbons du lion

Un numéro à succès

Mais le lion ne supportait

Plus le coq qui final’ment

Raflait tous les applaudiss’ments

Albert, dompteur affaibli

Par les crises et les sauts d’humeurs

Usa de son côté charmeur

Pour ne pas tomber dans l’oubli

Toujours coincés dans leur piaule

Ils n’assumaient plus leur rôle

Ne pouvant plus se renifler

La volaille le déplumait

A défaut de s’entarter

Ils tentèrent le tout en vain

Mais le divorce ne devait tarder

Pour Albert, c’était la fin !

- Hey coquelet, faisan ?

Arrête ton cirque, fous le camp !

Je ne te supporte plus

Ta paresse, tes coquecigrues

Associe-toi à l’âne

Sinon je te rôtis la couenne

Je n’en peux plus, tu m’énerves

J’te passerai bien la minerve

- Et mon cul c’est du poulet ?

Je préfère me faire poêler

Lorsque ma femme aura des dents

Je scierai ta pomme d’Adam

Au lieu d’te trouver une colloc’

On jouera les ventriloques

Avoue, c’est à cause de nos jargons

Que tu me chasses de ton wagon ?

G.H. (Lu et coRrigé paR Béabi)

DeUx PerSonneS Sur le mêMe cHeMin

Publié dans ArtiCles par GeorGe HaNsel le mars 10, 2011

Marcel, un ami de Jeannine qu’elle n’a jamais connu, disait : « L’essentiel lors du voyage, ce n’est de découvrir de nouveaux paysages, c’est de se découvrir de nouveaux yeux »

-

De nouveaux yeux ! Une greffe ? Ou simplement une paire de lunettes ?

Un regard différent ? Une opinion ? Un jugement sur le monde qui nous entoure ?

-

Alors combien ?

-

Combien de voyages ? Combien de regards, de réflexions ?

Combien de fois le tour du monde ? Faut-il en visiter les quatre coins ?

Combien de mètres ? de kilomètres ?

Deux cents ? Deux mille ? Un million ?

Combien de paires de chaussures usées ? Combien d’égratignures ou d’échardes dans l’pied ?

-

Combien de temps ?

Une semaine ? Un an ? Une vie ? Plusieurs vies ?

-

Après un temps… J’en ai déduit qu’il me fallait voyager longuement pour devenir… Pour devenir quoi d’ailleurs ?

Un Homme… Tout simplement un Homme…

-

Un Homme, pour en devenir un

Il ne faut pas aller très loin.

Peu importe les déserts, les océans,

Les courants d’air et les continents

-

Peu importe la connaissance ou l’ignorance

-

Dans ma courte vie…

J’ai déjà marché longuement

Mais j’ai souvent tourné en rond

-

J’ai parfois couru

Pourtant je ne suis jamais allé très loin

Au bout de ma rue

Au bout du chemin

-

Le plus loin où je suis allé… ?

J’en ai aucune idée

Mais ce dont je me souviens

C’est que nous étions sur le même chemin.

G.H

QuAnd JeAnNine part eN VoyaGe

Publié dans ArtiCles, PicTuRes par GeorGe HaNsel le mars 10, 2011

Quand Jeannine part en voyage

Elle prend dans sa valise

Sa trousse de maquillage

Et une belle chemise

Si Jeannine passe la douane

Elle emmène Marie-Jeanne

Une paire de congas

Et une derbouka

 

Quand Jeannine prend la bagnole

Pour Madrid ou pour Fion

Elle emmène les guignols

Et sa boîte à frisson

Mais quand elle part de la gare

Elle emmène une guitare

Une flûte enchantée

Et un ukulélé

 

Si cette jeune minette

S’emploie dans une quête

Elle joue d’la clarinette

 

Quand Jeannine veut s’évader

Ce n’est pas pour ses emplettes

Mais juste pour la cueillette

Et la chasse aux minets

Quand Jeannine se fait la malle

Elle déniche tous ses mâles

Dans des bistros pourris

Ou dans un trou de souris

 

Si ce petit minou

Sort ses plus beaux atouts

C’est pour quelques matous

 

Quand Jeannine est décidée

Qu’importe le félidé

Gourmande et pas catho

Peu importe le gato

Si le félin fait faux bonds

Ou bien qu’il joue les moines

Il lui reste Marie-Jeanne

La laine ou le bourbon

 

Hélas si aucun chaton

Ne lui fait réveillon

Elle broie son mirliton

 

Quand Jeannine rentre bredouille

Et qu’aucune fripouille

N’a pas pu l’honorer

Elle joue les enroués

Alors, on la taquine

Mais elle, rien à fouetter

Elle s’fourre dans son panier

Et joue d’la mandoline. G.H.

 

madeMOIsELLE BrindAmaNte

Publié dans ArtiCles par GeorGe HaNsel le décembre 20, 2010

En ce 20 décembre 2010, il m’a fallu plus d’une salutation pour me réveiller et reprendre mes esprits. La nuit a été assez courte et la soirée mémorable. C’est sûr, elle restera gravée à jamais. Les yeux mi-clos, je beurre ma tartine, bois un jus de pomme, mange une mandarine, allume le poêle pour que ma douce, restée mucher, ne sente le froid lui titiller les sinus, enfile un pull en laine et un jeans, passe un coup sur l’appareil dentaire et embarque mon cartable. Tout cela comme si quelqu’un m’animait à la manière d’un personnage des Sims. Je claque la porte, le temps est à l’hiver, le sol est plus qu’enneigé. Pendant un instant je ferme les yeux, j’inspire profondément, mais de la musique ne cesse d’agiter mes quelques neurones. Figé devant cette nappe de crème fraîche, je réalise que depuis une demi-heure, inconsciemment et inlassablement, je fredonne ces mélodies qui ont animé ma vie ces dernières heures. Le sourire aux lèvres, je mets le contact et « Le chef n’aime pas la musique » retentit et brise le silence des lundis matins. Moi, non plus, j’aime pas la musique… palala, palala, palalalalaaa… Pas de temps à perdre, je n’ai que dix minutes, je laisse filer la piste et tombe sur un choral de Bach et une salade à la ciboulette. Mes poils se dressent et mes yeux se remplissent de larmes mais je m’efforce de les garder à l’intérieur. Je profite de cet instant magique. Quel cadeau ! En arrivant à l’école, des élèves m’attendent, les boules façonnées et cachées derrière leur dos. Leur sourire en dit long. Une élève me demande si j’ai pleuré. Je lui réponds, oui. Je lui dis que le père Noël est déjà passé chez moi et qu’il m’a offert le cd de la Fanfare Détournée…

Je ne le dirais jamais assez, et à coup sûr je ne suis pas le seul à le penser, mais je vis une expérience extraordinaire avec la Fanfare Détournée.

Merci Eloi Baudimont. G.H.

BiO ou biO

Publié dans ArtiCles par GeorGe HaNsel le novembre 14, 2010

Un repas de famille où je sens mes parents de plus en plus investis dans l’élaboration du menu et ceci suite à une recherche de plusieurs heures sur Internet ou suite aux regards portés sur l’une ou l’autre émission telle Master chef, Joël Robuchon ou encore Maïté ; une auberge espagnole avec de gens de milieux différents goûtant aux meilleurs mets que chacun s’est efforcé de préparer pour épater ou faire découvrir de nouvelles saveurs ; des jeux de société en petit comité avec dégustation de quelques bières ou de vin locaux, sont autant de moments que je privilégie. Tout se passe toujours bien, chacun parle de ses petites expériences quotidiennes, de sa petite vie que l’on trouve parfois monotone, de ses petites sorties spectacles pour certains, de ses petites sorties puériles où l’on s’enivre à ne plus savoir conduire pour d’autres.
Les discussions vont bon train et, en général,  tout est passé en revue. Les enfants en bas âges, la politique, le boulot, le football, la musique, les nouvelles recettes, le ménage, le yoga, les cancans, les nouveaux achats compulsifs qui nous rappellent que nous sommes bien ancrés dans la sur-consommation, le tout saupoudré de blagues récemment entendues lors du jeu des dicos ou par un ami routier. Bref, c’est convivial, tout le monde y trouve son compte.

Moi-même, j’adore prendre part à ses discussions interminables où j’ai l’impression que je façonne le monde tout en sirotant un mojito alors qu’à quelques milliers de kilomètres des êtres un peu chinois, un peu sous-payés, un peu enfants sont en train coudre un morceau de tissu que j’irai probablement acheter prochainement dans une de ces grandes enseignes que l’on retrouve agglutinées dans les centres commerciaux… Ah, le commerce équitable.

Enfin, ne nous éloignons pas du sujet de départ car je risque de perdre votre attention et tout ce qui va suivre aura perdu de son intérêt. Revenons à ces discussions auxquelles nous prenons tous part. Personnellement, j’apprécie chaque discussion. Tantôt je prends une part active dans les arguments tantôt j’écoute et je ne dis pas un mot. Certains ont une telle locution que je peux les écouter pendant des heures. J’ai vraiment l’impression qu’après chaque discussion j’en ressors changé, grandi surtout si l’interlocuteur a un avis divergent mais fondé.
Je ne sais pas vous, mais moi, ce qui m’insupporte dans une discussion ce sont les gens qui sont sûr d’eux, qui ne vous laisse pas la parole, qui parlent fort car c’est le seul moyen pour eux qu’on les écoute, qui sont fermés comme des huîtres et que leur orgueil est tellement surdéveloppé que seul leur avis compte alors qu’ils disent… n’importe quoi ! Face à ce genre de personne, deux solutions s’offrent à vous. Soit vous ne dites rien et vous vous dites que la personne est si ignorante que le fait de l’ouvrir fera l’effet d’un pet de fourmi, c’est-à-dire insignifiant. Soit vous vous efforcez de lui dire ce que vous pensez en essayant, avec des pincettes pour éviter que l’ignorant s’enflamme, de lui faire prendre conscience qu’il est hors sujet. Le tout est de garder cette bombe atomique qui sommeille en vous pour ne pas passer tout aussi con que votre « ami ». N’oubliez pas que depuis qu’il y a Facebook, nous sommes tous amis.

J’ai tendance à faire parti des gens qui s’oriente vers le second choix mais je me rends compte que certains sont fermés à double tour et du coup, ça me frustre. Notamment sur un sujet qui me tient à cœur, qui est complètement tendance et parfois mal compris ou mal interprétés par ceux qui pensent savoir, le bio.
Alors, laissez-moi apporter quelques éclaircissements sur le sujet. Selon moi, il y a bio et bio.
Le premier, je l’appelle le bio de masse (biomasse, c’est différent). Le bio de masse est celui de la société de consommation , celui des grandes surfaces, celui des pubs de Tf1 ou de RTL, celui qui vous fait croire que c’est bon pour votre santé mais que la seule chose qui les intéresse, ce n’est pas votre taux de cholestérol mais votre portefeuille. On peut l’appeler aussi le bio de la mondialisation. Il est en plein boum et très tendance. Les gens qui consomment ce bio là, n’hésitent pas à acheter, en hiver, des tomates « bio » cultivées au Pérou. Pour moi, cela n’a aucun sens.
Le deuxième est un choix de vie, une manière de vivre. C’est un quotidien. Il peut être synonyme de « écologique ».
Une seule voiture, utiliser les transports en commun, construire à l’aide de matériaux naturels, acheter des produits chez l’artisan du coin, confectionner des produits d’entretien, manger moins de viande, ne pas consommer McDo… Vivre de cette manière ne signifie pas que nous ne consommons  que « bio », que nous sommes des ermites et que nous vivons comme à l’ancien temps. Non, non ! Sachez que, ne consommer que « bio », c’est impossible ! J’en suis conscient. En tout cas chez nous.
Vivre… s’articule autour du fait que nous essayons, dans la mesure du possible, de consommer des produits locaux et naturels (sans pesticides, engrais chimiques…). Comme cela a toujours existé mais que les lobbys et les publicités ont modifié pour pouvoir consommer tout n’importe quand et n’importe comment. Notre société se fiche du « comment », du moment que nous consommons.
Les gens vivent comme bon leur semble et je ne juge en rien leur mode de vie. Mais, cela me fait de la peine et j’ai la larme à l’œil lorsque j’entends lors d’une discussion : « Moi, mon enfant ne consommera jamais du « bio » car cela dérègle son immunité » (à méditer). G.H.


CoNte euRopéeN : L’hOmMe riChE

Publié dans ArtiCles par GeorGe HaNsel le octobre 3, 2010

Il était une fois un homme riche.

Il gagnait beaucoup d’argent. Il avait une grosse tête et possédait une maison avec quatre garages. Selon certaines personnes, en costume noir avec une petite mallette également noire, la maison valait plusieurs centaines de milliers de dollars. Et même d’euros.

Ce dont l’homme riche rêvait la nuit, il l’achetait non pas le lendemain mais la nuit même.
Malgré tout ses biens matériels, l’homme riche n’était pas très souriant. Il lui manquait quelque chose…

L’homme riche demanda l’avis de sa femme, de ses enfants, de son meilleur ami, de ses parents, de son psy, de ses voisins, de nombreux passants et même de son chien. Mais tous, hormis le chien, lui dirent que c’était sans doute une mauvaise passe.

Alors, l’homme riche eut une idée. Il eut l’intention de se débarrasser de toutes ces choses que les autres considéraient de laids ou de moches chez lui. Sa femme lui fit constater que sa collection d’animaux empaillés était ridicule, ses enfants trouvèrent que ses vêtements n’étaient pas à la mode, ses parents considérèrent que leur belle-fille sentait l’avarice, son meilleur ami estima que ses voitures de luxe ne lui allaient pas du tout… À tour de rôle, des personnes que l’homme riche ne connaissait pas forcément se succédèrent et chacun émettait son avis.

Jour après jour, l’homme riche jetait tous ces encombrants. Devant chez lui, cela ressemblait à une brocante. D’autres personnes avides de richesse extérieure venaient et repartaient avec ce dont ils avaient envie. Au fur et à mesure du grand nettoyage, l’homme riche se sentait de plus en plus léger. Son cou dégonflait et ses mains désenflaient.

Après un an, tout avait disparu. Les tableaux de peintres inconnus, les écrans plats, les frigos, l’argenterie de ses grands-parents, le mobilier Louis de Laize, les voitures de collections, le jet privé, le papier peint et celui de l’imprimante, les enfants, le chien et beaucoup, beaucoup d’autres choses encore.

Un jour, un sage* rendit visite à l’homme riche. De manière apaisée, il se dirigea vers l’homme riche et lui fit remarquer que dés à présent, l’esprit désencombré, il pouvait enfin vivre. Devant l’amas de débris qui jonchait le sol, l’homme riche prit conscience que nous ne possédons pas les choses mais que les choses nous possèdent.
L’homme riche demanda à sa femme, ses enfants et son chien de bien vouloir les suivre. Ensemble, ils prirent la route 66 (sixty six).

L’homme riche était devenu riche. G.H.

* : Un sage est un homme riche qui est devenu riche.

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