Achielle
Pour ne pas user mon tacot
Achielle m’emmène sur son dos
Je ne suis pas un poids plume
Mais il est taillé dans une enclume
Tous les matins et par obligation
Il m’accompagne exercer ma fonction
Achielle n’est pas une lumière et ne sort jamais seul
Aurais-je peur qu’il se casse la gueule ?
-
Tels deux catadioptres, nous n’passons inaperçus
Rouge est la couleur de son pardessus
Rien d’excentrique mais nous suscitons la curiosité
D’autant qu’il porte une gaine mais pas de souliers
Moi, je suis cramponné à ses poignées d’amour
Comme un crapaud fixé depuis huit jours
Les gens sont parfois étonnés
De voir un barbu agrippé à un déboulonné
-
Gentil n’a qu’un œil
Achielle ne me fait pas pitié
Malgré qu’il ne fait pas de clins d’oeil
L’habit ne fait pas le métier
-
Pour gagner ma croûte
Achielle est mon compagnon de route
Il prend les manettes et nous longeons le canal
Même au rythme de la saison hivernale
Je contemple quelques palmipèdes et autres canards boiteux
Un drôle de moineau joue les pêcheurs piteux
Achielle se dandine telle une oie
Et nous dansons, ivre de joie
-
Je suis heureux d’être content
La route n’est plus une perte de temps
Je me sens pousser des ailes
Ce qui n’est pas le cas d’Achielle qui grince et grommelle
Malgré sa peau en fer forgé, Achielle est congelé
Et il préférerait être en congé
Plutôt que de passer l’hiver
À contempler les oiseaux de mer
-
Gentil n’a qu’un œil
Achielle ne me fait pas pitié
Malgré qu’il ne fait pas de clins d’oeil
L’habit ne fait pas le métier
-
La journée, il m’attend, dehors, à l’abri
Mais je sais qu’il est victime de railleries
Des enfants rient et se moquent de lui
Pour ces marmots, ce n’est qu’une vieillerie
Alors lorsque la sonnette retentit
Je grimpe sur son châssis
Achielle et moi fuyons, nous traçons
Faut-il signaler qu’il lui manque un boulon ?
-
Tels deux déraillés nous sillonnons ce dédale
Achielle pète un câble et je perds les pédales
Nous prenons de la vitesse alors je dois le freiner
Je n’ai pas l’intention d’atterrir dans le fossé
C’est qu’il en a dans l’boyau
Mon p’tit Achielle, mon p’tit rustaud
De retour à la maison, sa chaussette est percée
Va cor’ falloir lui raccommoder
-
Gentil n’a qu’un œil
Achielle ne me fait pas pitié
Malgré qu’il ne fait pas de clins d’oeil
L’habit ne fait pas le métier
G.H.
KiMberLeY ParK
C’est à ce carré non-recyclé
Que son labeur fut révélé
Elle vient en aide aux enrhumés
Protége le cul des nouveaux-nez
Que l’on soit boucher ou bien pédiatre
Dans un hôtel, dans un théâtre
Que la tâche soit brune ou bien verdâtre
Kimberley Park se plie en quatre
-
Dans une assise confortable
qui plus est indécrottable
Pour parfaire ma toilette matinale
Kimberley Park offre du journal
-
Elle a la taille d’un mouchoir de poche
Dans le fin fond d’une sacoche
Le quidam l’emploie et sans merci
Se débarrasse de Kimberly
Afin de démouler le colis
Les gens lisent, les gens prient
Peu importe la taille du paquet
Kimberley est enchantée
-
Éponger les larmes de grands gaillards
Sécher le front des petits trouillards
Pour les traces à l’arrière du slibar
Kimberley Park donne ses mouchoirs
-
Elle n’a pas d’intérêt pour les chiens
Et encore moins les ours bruns
Mais que ferait-elle pour une minette ?
Elle lui propose une serviette
Kimberley consomme et puis consume
Que la forêt s’enfume
Tout ce qui est important pour elle
À savoir l’hygiène corporelle
-
Pour les ablutions d’une vieillarde
Frotter le sang de furibardes
Rincer la cuvette, les urinoirs
Kimberley Park donne ses mouchoirs
-
Pour s’alléger et se soulager
Kimmy est prête à tout donner
Dans son sac, elle a plus d’un mouchoir
Pour v’nir à bout de n’importe quel foutoir
G.H.
MoN OnCle YveS
Une cigarette, un t-shirt usé
Des pantoufles et un velours côtelé
L’oncle Yves sort de chez lui
Accompagné de son chien noir, « Blackie » !
-
En hiver comme au printemps
L’oncle Yves marche tout l’temps
Parkinson ne l’habite pas
C’est juste qu’il a froid
-
Le long des trottoirs en merdé
L’oncle Yves promène son roquet
Il mène une marche lente assurément
Il s’arrête, il scrute et redémarre lentement
-
L’oncle Yves marche sans se soucier
Sans se soucier du monde, ni du trajet
À n’importe quelle heure du jour
C’est toujours le même tour
-
Il croise toujours les mêmes gens
Mais personne ne sait ce qu’il pense vraiment
-
Depuis son invalidité, mononcle Yves marche et fume
Aussi, parfois, il marche et fume
Des dizaines de kilomètres par jour
Des dizaines de paquets par jour
-
Il a une dégaine d’un homme saoul
Mais il n’est pas ivre, ni fou
Il ne parle pas… sauf à lui
Ou à Blackie…
- Blackie ! Arrête de gueuler !
-
Rien ne l’arrête, ni la faim
Ni la mort de son chien
Après seize ans de fidélité…
Blackie s’est foulé
L’oncle Yves, pour continuer, a dû l’achever
-
Mais il s’est procuré un nouveau compagnon
Un chien blanc pour changer
Cette fois-ci, il l’a appelé « Blackie »
Pour changer
-
- Allez Blackie ! Avance !
G.H.
DeUx CheFs
L’un porte le cuir d’un brigadier
La barbe grise sur les joues
Le couvre-chef d’un officier
Lui donne une allure malgré tout
Il ne lui manque que la baguette
Pour y mener son assemblée
Mais dans le rôle de chef d’orchestre
Juste les bretelles pour s’équiper
L’autre se la joue rasé de près
A une époque, il admirait
Un célèbre jeu télévisé
Où des nabots comptaient des clés
Il voulait être gouverneur
Il dirigera une chorale
Il vient faire entonner nos coeurs
Au lieu d’ceux d’la famille royale
Par une après-midi d’hiver
Sur une terrasse ensoleillée
Deux chefs se commandent une bière
Ils ne pouvaient s’en empêcher
Sans aucun doute mal digérée
Mais qu’en est-il de leur projet ?
Sont-ils à même de diriger ?
Encore faut-il le rédiger
L’un propose une marche délurée
Sur les « Beatles » ou « Bob Marley »
Il aimerait nous déguiser
En sergent-chef, en haut-gradé
Des majorettes au premier rang
La flûte à bec entre les dents
Lui, le képi et les galons
Pour enfin jouer les patrons
L’autre préfère un texte engagé
Avec des propos épicés
Sur une Belgique organisée
Comme il aimerait la gouverner
Dans le décor un porte-drapeau
Les dirigeants sur un poteau
Une moustache de dictateur
Mais ce n’est pas tout à fait l’heure
Par une après-midi d’hiver
Sur une terrasse ensoleillée
Deux chefs se commandent une bière
Ils ne pouvaient s’en empêcher
Sans aucun doute mal digérée
Mais qu’en est-il de leur projet ?
Sont-ils à même de diriger ?
Encore faut-il le rédiger
La discussion va mal, Tournai
Leurs avis semblent se détourner
Ils n’en sont plus à leur première
Et le sourire jusque parterre
Par cette après-midi d’hiver
Les deux comparses en bérets verts
Trouveront bien une manœuvre
Pour faire accoucher d’un chef-d’œuvre
Par une après-midi d’hiver
Sur une terrasse ensoleillée
Deux chefs se commandent une bière
Ils ne pouvaient s’en empêcher
Sans aucun doute mal digérée
Mais qu’en est-il de leur projet ?
Sont-ils à même de diriger ?
Encore faut-il le rédiger
Aussi fiers que deux coqs en pâte
Ils ne se sont foulés la rate
Un texte à réciter de cœur
Pour la musique, une à deux heures
Les musiciens jouent les guignols
Et le chœur fait le mariolle
Avec une pointe de bonne humeur
Les deux chefs en sortiront vainqueurs
Par une après-midi d’hiver
Sur une terrasse ensoleillée
Deux chefs se commandent une bière
Ils ne pouvaient s’en empêcher
Sans aucun doute mal digérée
Mais qu’en est-il de leur projet ?
Sont-ils à même de diriger ?
Encore faut-il le rédiger
G.H.
Le Coq eT le liOn
Dans un cirque de passage
Entassés dans une cage
Vivaient un coq et un lion
Quelle curieuse cohésion !
A huis-clos dans une enceinte
Et sans aucune contrainte
Les acolytes apprivoisés
Paisiblement s’entretenaient
Le lion avait du cœur
Et partageait son quatre heures
Il n’avait rien d’une cruauté
Pas besoin de grelotter
L’autre un flâneur empâté
Aux aurores, il ne chantait
Le poids plume restait muché
Dans le creux du félidé
Intimement fous, alliés
Dans des rôles d’équilibristes
Deux pattes sur le pédalier
D‘un vulgaire monocycle
Le félidé trimbalait
Le sac à plumes sur le front
Le funambule, lui, jonglait
Avec les bonbons du lion
Un numéro à succès
Mais le lion ne supportait
Plus le coq qui final’ment
Raflait tous les applaudiss’ments
Albert, dompteur affaibli
Par les crises et les sauts d’humeurs
Usa de son côté charmeur
Pour ne pas tomber dans l’oubli
Toujours coincés dans leur piaule
Ils n’assumaient plus leur rôle
Ne pouvant plus se renifler
La volaille le déplumait
A défaut de s’entarter
Ils tentèrent le tout en vain
Mais le divorce ne devait tarder
Pour Albert, c’était la fin !
- Hey coquelet, faisan ?
Arrête ton cirque, fous le camp !
Je ne te supporte plus
Ta paresse, tes coquecigrues
Associe-toi à l’âne
Sinon je te rôtis la couenne
Je n’en peux plus, tu m’énerves
J’te passerai bien la minerve
- Et mon cul c’est du poulet ?
Je préfère me faire poêler
Lorsque ma femme aura des dents
Je scierai ta pomme d’Adam
Au lieu d’te trouver une colloc’
On jouera les ventriloques
Avoue, c’est à cause de nos jargons
Que tu me chasses de ton wagon ?
G.H. (Lu et coRrigé paR Béabi)
DeUx PerSonneS Sur le mêMe cHeMin
Marcel, un ami de Jeannine qu’elle n’a jamais connu, disait : « L’essentiel lors du voyage, ce n’est de découvrir de nouveaux paysages, c’est de se découvrir de nouveaux yeux »
-
De nouveaux yeux ! Une greffe ? Ou simplement une paire de lunettes ?
Un regard différent ? Une opinion ? Un jugement sur le monde qui nous entoure ?
-
Alors combien ?
-
Combien de voyages ? Combien de regards, de réflexions ?
Combien de fois le tour du monde ? Faut-il en visiter les quatre coins ?
Combien de mètres ? de kilomètres ?
Deux cents ? Deux mille ? Un million ?
Combien de paires de chaussures usées ? Combien d’égratignures ou d’échardes dans l’pied ?
-
Combien de temps ?
Une semaine ? Un an ? Une vie ? Plusieurs vies ?
-
Après un temps… J’en ai déduit qu’il me fallait voyager longuement pour devenir… Pour devenir quoi d’ailleurs ?
Un Homme… Tout simplement un Homme…
-
Un Homme, pour en devenir un
Il ne faut pas aller très loin.
Peu importe les déserts, les océans,
Les courants d’air et les continents
-
Peu importe la connaissance ou l’ignorance
-
Dans ma courte vie…
J’ai déjà marché longuement
Mais j’ai souvent tourné en rond
-
J’ai parfois couru
Pourtant je ne suis jamais allé très loin
Au bout de ma rue
Au bout du chemin
-
Le plus loin où je suis allé… ?
J’en ai aucune idée
Mais ce dont je me souviens
C’est que nous étions sur le même chemin.
G.H
QuAnd JeAnNine part eN VoyaGe
Quand Jeannine part en voyage
Elle prend dans sa valise
Sa trousse de maquillage
Et une belle chemise
Si Jeannine passe la douane
Elle emmène Marie-Jeanne
Une paire de congas
Et une derbouka
Quand Jeannine prend la bagnole
Pour Madrid ou pour Fion
Elle emmène les guignols
Et sa boîte à frisson
Mais quand elle part de la gare
Elle emmène une guitare
Une flûte enchantée
Et un ukulélé
Si cette jeune minette
S’emploie dans une quête
Elle joue d’la clarinette
Quand Jeannine veut s’évader
Ce n’est pas pour ses emplettes
Mais juste pour la cueillette
Et la chasse aux minets
Quand Jeannine se fait la malle
Elle déniche tous ses mâles
Dans des bistros pourris
Ou dans un trou de souris
Si ce petit minou
Sort ses plus beaux atouts
C’est pour quelques matous
Quand Jeannine est décidée
Qu’importe le félidé
Gourmande et pas catho
Peu importe le gato
Si le félin fait faux bonds
Ou bien qu’il joue les moines
Il lui reste Marie-Jeanne
La laine ou le bourbon
Hélas si aucun chaton
Ne lui fait réveillon
Elle broie son mirliton
Quand Jeannine rentre bredouille
Et qu’aucune fripouille
N’a pas pu l’honorer
Elle joue les enroués
Alors, on la taquine
Mais elle, rien à fouetter
Elle s’fourre dans son panier
Et joue d’la mandoline. G.H.
madeMOIsELLE BrindAmaNte
En ce 20 décembre 2010, il m’a fallu plus d’une salutation pour me réveiller et reprendre mes esprits. La nuit a été assez courte et la soirée mémorable. C’est sûr, elle restera gravée à jamais. Les yeux mi-clos, je beurre ma tartine, bois un jus de pomme, mange une mandarine, allume le poêle pour que ma douce, restée mucher, ne sente le froid lui titiller les sinus, enfile un pull en laine et un jeans, passe un coup sur l’appareil dentaire et embarque mon cartable. Tout cela comme si quelqu’un m’animait à la manière d’un personnage des Sims. Je claque la porte, le temps est à l’hiver, le sol est plus qu’enneigé. Pendant un instant je ferme les yeux, j’inspire profondément, mais de la musique ne cesse d’agiter mes quelques neurones. Figé devant cette nappe de crème fraîche, je réalise que depuis une demi-heure, inconsciemment et inlassablement, je fredonne ces mélodies qui ont animé ma vie ces dernières heures. Le sourire aux lèvres, je mets le contact et « Le chef n’aime pas la musique » retentit et brise le silence des lundis matins. Moi, non plus, j’aime pas la musique… palala, palala, palalalalaaa… Pas de temps à perdre, je n’ai que dix minutes, je laisse filer la piste et tombe sur un choral de Bach et une salade à la ciboulette. Mes poils se dressent et mes yeux se remplissent de larmes mais je m’efforce de les garder à l’intérieur. Je profite de cet instant magique. Quel cadeau ! En arrivant à l’école, des élèves m’attendent, les boules façonnées et cachées derrière leur dos. Leur sourire en dit long. Une élève me demande si j’ai pleuré. Je lui réponds, oui. Je lui dis que le père Noël est déjà passé chez moi et qu’il m’a offert le cd de la Fanfare Détournée…
Je ne le dirais jamais assez, et à coup sûr je ne suis pas le seul à le penser, mais je vis une expérience extraordinaire avec la Fanfare Détournée.
Merci Eloi Baudimont. G.H.
BiO ou biO
Un repas de famille où je sens mes parents de plus en plus investis dans l’élaboration du menu et ceci suite à une recherche de plusieurs heures sur Internet ou suite aux regards portés sur l’une ou l’autre émission telle Master chef, Joël Robuchon ou encore Maïté ; une auberge espagnole avec de gens de milieux différents goûtant aux meilleurs mets que chacun s’est efforcé de préparer pour épater ou faire découvrir de nouvelles saveurs ; des jeux de société en petit comité avec dégustation de quelques bières ou de vin locaux, sont autant de moments que je privilégie. Tout se passe toujours bien, chacun parle de ses petites expériences quotidiennes, de sa petite vie que l’on trouve parfois monotone, de ses petites sorties spectacles pour certains, de ses petites sorties puériles où l’on s’enivre à ne plus savoir conduire pour d’autres.
Les discussions vont bon train et, en général, tout est passé en revue. Les enfants en bas âges, la politique, le boulot, le football, la musique, les nouvelles recettes, le ménage, le yoga, les cancans, les nouveaux achats compulsifs qui nous rappellent que nous sommes bien ancrés dans la sur-consommation, le tout saupoudré de blagues récemment entendues lors du jeu des dicos ou par un ami routier. Bref, c’est convivial, tout le monde y trouve son compte.
Moi-même, j’adore prendre part à ses discussions interminables où j’ai l’impression que je façonne le monde tout en sirotant un mojito alors qu’à quelques milliers de kilomètres des êtres un peu chinois, un peu sous-payés, un peu enfants sont en train coudre un morceau de tissu que j’irai probablement acheter prochainement dans une de ces grandes enseignes que l’on retrouve agglutinées dans les centres commerciaux… Ah, le commerce équitable.
Enfin, ne nous éloignons pas du sujet de départ car je risque de perdre votre attention et tout ce qui va suivre aura perdu de son intérêt. Revenons à ces discussions auxquelles nous prenons tous part. Personnellement, j’apprécie chaque discussion. Tantôt je prends une part active dans les arguments tantôt j’écoute et je ne dis pas un mot. Certains ont une telle locution que je peux les écouter pendant des heures. J’ai vraiment l’impression qu’après chaque discussion j’en ressors changé, grandi surtout si l’interlocuteur a un avis divergent mais fondé.
Je ne sais pas vous, mais moi, ce qui m’insupporte dans une discussion ce sont les gens qui sont sûr d’eux, qui ne vous laisse pas la parole, qui parlent fort car c’est le seul moyen pour eux qu’on les écoute, qui sont fermés comme des huîtres et que leur orgueil est tellement surdéveloppé que seul leur avis compte alors qu’ils disent… n’importe quoi ! Face à ce genre de personne, deux solutions s’offrent à vous. Soit vous ne dites rien et vous vous dites que la personne est si ignorante que le fait de l’ouvrir fera l’effet d’un pet de fourmi, c’est-à-dire insignifiant. Soit vous vous efforcez de lui dire ce que vous pensez en essayant, avec des pincettes pour éviter que l’ignorant s’enflamme, de lui faire prendre conscience qu’il est hors sujet. Le tout est de garder cette bombe atomique qui sommeille en vous pour ne pas passer tout aussi con que votre « ami ». N’oubliez pas que depuis qu’il y a Facebook, nous sommes tous amis.
J’ai tendance à faire parti des gens qui s’oriente vers le second choix mais je me rends compte que certains sont fermés à double tour et du coup, ça me frustre. Notamment sur un sujet qui me tient à cœur, qui est complètement tendance et parfois mal compris ou mal interprétés par ceux qui pensent savoir, le bio.
Alors, laissez-moi apporter quelques éclaircissements sur le sujet. Selon moi, il y a bio et bio.
Le premier, je l’appelle le bio de masse (biomasse, c’est différent). Le bio de masse est celui de la société de consommation , celui des grandes surfaces, celui des pubs de Tf1 ou de RTL, celui qui vous fait croire que c’est bon pour votre santé mais que la seule chose qui les intéresse, ce n’est pas votre taux de cholestérol mais votre portefeuille. On peut l’appeler aussi le bio de la mondialisation. Il est en plein boum et très tendance. Les gens qui consomment ce bio là, n’hésitent pas à acheter, en hiver, des tomates « bio » cultivées au Pérou. Pour moi, cela n’a aucun sens.
Le deuxième est un choix de vie, une manière de vivre. C’est un quotidien. Il peut être synonyme de « écologique ».
Une seule voiture, utiliser les transports en commun, construire à l’aide de matériaux naturels, acheter des produits chez l’artisan du coin, confectionner des produits d’entretien, manger moins de viande, ne pas consommer McDo… Vivre de cette manière ne signifie pas que nous ne consommons que « bio », que nous sommes des ermites et que nous vivons comme à l’ancien temps. Non, non ! Sachez que, ne consommer que « bio », c’est impossible ! J’en suis conscient. En tout cas chez nous.
Vivre… s’articule autour du fait que nous essayons, dans la mesure du possible, de consommer des produits locaux et naturels (sans pesticides, engrais chimiques…). Comme cela a toujours existé mais que les lobbys et les publicités ont modifié pour pouvoir consommer tout n’importe quand et n’importe comment. Notre société se fiche du « comment », du moment que nous consommons.
Les gens vivent comme bon leur semble et je ne juge en rien leur mode de vie. Mais, cela me fait de la peine et j’ai la larme à l’œil lorsque j’entends lors d’une discussion : « Moi, mon enfant ne consommera jamais du « bio » car cela dérègle son immunité » (à méditer). G.H.
CoNte euRopéeN : L’hOmMe riChE
Il était une fois un homme riche.
Il gagnait beaucoup d’argent. Il avait une grosse tête et possédait une maison avec quatre garages. Selon certaines personnes, en costume noir avec une petite mallette également noire, la maison valait plusieurs centaines de milliers de dollars. Et même d’euros.
Ce dont l’homme riche rêvait la nuit, il l’achetait non pas le lendemain mais la nuit même.
Malgré tout ses biens matériels, l’homme riche n’était pas très souriant. Il lui manquait quelque chose…
L’homme riche demanda l’avis de sa femme, de ses enfants, de son meilleur ami, de ses parents, de son psy, de ses voisins, de nombreux passants et même de son chien. Mais tous, hormis le chien, lui dirent que c’était sans doute une mauvaise passe.
Alors, l’homme riche eut une idée. Il eut l’intention de se débarrasser de toutes ces choses que les autres considéraient de laids ou de moches chez lui. Sa femme lui fit constater que sa collection d’animaux empaillés était ridicule, ses enfants trouvèrent que ses vêtements n’étaient pas à la mode, ses parents considérèrent que leur belle-fille sentait l’avarice, son meilleur ami estima que ses voitures de luxe ne lui allaient pas du tout… À tour de rôle, des personnes que l’homme riche ne connaissait pas forcément se succédèrent et chacun émettait son avis.
Jour après jour, l’homme riche jetait tous ces encombrants. Devant chez lui, cela ressemblait à une brocante. D’autres personnes avides de richesse extérieure venaient et repartaient avec ce dont ils avaient envie. Au fur et à mesure du grand nettoyage, l’homme riche se sentait de plus en plus léger. Son cou dégonflait et ses mains désenflaient.
Après un an, tout avait disparu. Les tableaux de peintres inconnus, les écrans plats, les frigos, l’argenterie de ses grands-parents, le mobilier Louis de Laize, les voitures de collections, le jet privé, le papier peint et celui de l’imprimante, les enfants, le chien et beaucoup, beaucoup d’autres choses encore.
Un jour, un sage* rendit visite à l’homme riche. De manière apaisée, il se dirigea vers l’homme riche et lui fit remarquer que dés à présent, l’esprit désencombré, il pouvait enfin vivre. Devant l’amas de débris qui jonchait le sol, l’homme riche prit conscience que nous ne possédons pas les choses mais que les choses nous possèdent.
L’homme riche demanda à sa femme, ses enfants et son chien de bien vouloir les suivre. Ensemble, ils prirent la route 66 (sixty six).
L’homme riche était devenu riche. G.H.
* : Un sage est un homme riche qui est devenu riche.


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