GeorGe HaNsel

BiO ou biO

Posted in ArtiCles by GeorGe HaNsel on novembre 14, 2010

Un repas de famille où je sens mes parents de plus en plus investis dans l’élaboration du menu et ceci suite à une recherche de plusieurs heures sur Internet ou suite aux regards portés sur l’une ou l’autre émission telle Master chef, Joël Robuchon ou encore Maïté ; une auberge espagnole avec de gens de milieux différents goûtant aux meilleurs mets que chacun s’est efforcé de préparer pour épater ou faire découvrir de nouvelles saveurs ; des jeux de société en petit comité avec dégustation de quelques bières ou de vin locaux, sont autant de moments que je privilégie. Tout se passe toujours bien, chacun parle de ses petites expériences quotidiennes, de sa petite vie que l’on trouve parfois monotone, de ses petites sorties spectacles pour certains, de ses petites sorties puériles où l’on s’enivre à ne plus savoir conduire pour d’autres.
Les discussions vont bon train et, en général,  tout est passé en revue. Les enfants en bas âges, la politique, le boulot, le football, la musique, les nouvelles recettes, le ménage, le yoga, les cancans, les nouveaux achats compulsifs qui nous rappellent que nous sommes bien ancrés dans la sur-consommation, le tout saupoudré de blagues récemment entendues lors du jeu des dicos ou par un ami routier. Bref, c’est convivial, tout le monde y trouve son compte.

Moi-même, j’adore prendre part à ses discussions interminables où j’ai l’impression que je façonne le monde tout en sirotant un mojito alors qu’à quelques milliers de kilomètres des êtres un peu chinois, un peu sous-payés, un peu enfants sont en train coudre un morceau de tissu que j’irai probablement acheter prochainement dans une de ces grandes enseignes que l’on retrouve agglutinées dans les centres commerciaux… Ah, le commerce équitable.

Enfin, ne nous éloignons pas du sujet de départ car je risque de perdre votre attention et tout ce qui va suivre aura perdu de son intérêt. Revenons à ces discussions auxquelles nous prenons tous part. Personnellement, j’apprécie chaque discussion. Tantôt je prends une part active dans les arguments tantôt j’écoute et je ne dis pas un mot. Certains ont une telle locution que je peux les écouter pendant des heures. J’ai vraiment l’impression qu’après chaque discussion j’en ressors changé, grandi surtout si l’interlocuteur a un avis divergent mais fondé.
Je ne sais pas vous, mais moi, ce qui m’insupporte dans une discussion ce sont les gens qui sont sûr d’eux, qui ne vous laisse pas la parole, qui parlent fort car c’est le seul moyen pour eux qu’on les écoute, qui sont fermés comme des huîtres et que leur orgueil est tellement surdéveloppé que seul leur avis compte alors qu’ils disent… n’importe quoi ! Face à ce genre de personne, deux solutions s’offrent à vous. Soit vous ne dites rien et vous vous dites que la personne est si ignorante que le fait de l’ouvrir fera l’effet d’un pet de fourmi, c’est-à-dire insignifiant. Soit vous vous efforcez de lui dire ce que vous pensez en essayant, avec des pincettes pour éviter que l’ignorant s’enflamme, de lui faire prendre conscience qu’il est hors sujet. Le tout est de garder cette bombe atomique qui sommeille en vous pour ne pas passer tout aussi con que votre « ami ». N’oubliez pas que depuis qu’il y a Facebook, nous sommes tous amis.

J’ai tendance à faire parti des gens qui s’oriente vers le second choix mais je me rends compte que certains sont fermés à double tour et du coup, ça me frustre. Notamment sur un sujet qui me tient à cœur, qui est complètement tendance et parfois mal compris ou mal interprétés par ceux qui pensent savoir, le bio.
Alors, laissez-moi apporter quelques éclaircissements sur le sujet. Selon moi, il y a bio et bio.
Le premier, je l’appelle le bio de masse (biomasse, c’est différent). Le bio de masse est celui de la société de consommation , celui des grandes surfaces, celui des pubs de Tf1 ou de RTL, celui qui vous fait croire que c’est bon pour votre santé mais que la seule chose qui les intéresse, ce n’est pas votre taux de cholestérol mais votre portefeuille. On peut l’appeler aussi le bio de la mondialisation. Il est en plein boum et très tendance. Les gens qui consomment ce bio là, n’hésitent pas à acheter, en hiver, des tomates « bio » cultivées au Pérou. Pour moi, cela n’a aucun sens.
Le deuxième est un choix de vie, une manière de vivre. C’est un quotidien. Il peut être synonyme de « écologique ».
Une seule voiture, utiliser les transports en commun, construire à l’aide de matériaux naturels, acheter des produits chez l’artisan du coin, confectionner des produits d’entretien, manger moins de viande, ne pas consommer McDo… Vivre de cette manière ne signifie pas que nous ne consommons  que « bio », que nous sommes des ermites et que nous vivons comme à l’ancien temps. Non, non ! Sachez que, ne consommer que « bio », c’est impossible ! J’en suis conscient. En tout cas chez nous.
Vivre… s’articule autour du fait que nous essayons, dans la mesure du possible, de consommer des produits locaux et naturels (sans pesticides, engrais chimiques…). Comme cela a toujours existé mais que les lobbys et les publicités ont modifié pour pouvoir consommer tout n’importe quand et n’importe comment. Notre société se fiche du « comment », du moment que nous consommons.
Les gens vivent comme bon leur semble et je ne juge en rien leur mode de vie. Mais, cela me fait de la peine et j’ai la larme à l’œil lorsque j’entends lors d’une discussion : « Moi, mon enfant ne consommera jamais du « bio » car cela dérègle son immunité » (à méditer). G.H.


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.